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Bernard Teperman

Dans cet extrait, Bernard Teperman décrit une action de propagande menée avec un camarade résistant. Basée sur la mise en place d’une machine artisanale posée sur un toit de la ville, elle a permis le lâcher de plusieurs milliers de tracts devant l’immeuble du journal Le Progrès, à Lyon.

Bernard Teperman est né à Paris le 17 janvier 1913 de parents originaires de l’Est de l’Europe. La famille s’installe à Lyon au début des années 1920. Avec son frère cadet Maurice, Bernard grandit dans un environnement familial politiquement ancré à gauche. En 1934, Bernard épouse une jeune femme communiste qui a fui le Reich et le couple donne naissance a une petite fille, Colette. Bernard milite au parti communiste et à la Ligue internationale contre l’antisémitisme (LICA) : à plusieurs reprises, il affronte les militants d’extrême droite dans les rues de Lyon.

Mobilisé en septembre 1939 sur les bords du Rhin, il est rapatrié par train au moment de la débâcle en 1940. Avec quelques amis, il se livre rapidement à des activités de résistance. Diffusant d’abord de la propagande, il participe par la suite à la lutte armée contre les troupes allemandes et à des actions de sabotage. Il agit alors sous la direction des Mouvements unis de la Résistance (MUR). De leur côté, le père et la femme de Bernard travaillent au sein de l’Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide (UJRE) à cacher des enfants juifs. La petite Colette est ainsi mise à l’abri dans le bourg d’Aigueperse (Rhône). Le 9 juillet 1944, la mère et la tante de Bernard sont arrêtées par la Gestapo. Son père échappe à l’arrestation. Les deux femmes seront déportées à Auschwitz d’où elles ne reviendront pas.

Au printemps 1944, Bernard quitte Lyon pour rejoindre le maquis de Charavines (Isère). Il procède à l’équipement téléphonique de la zone. C’est là qu’il accueille l’avant-garde de l’armée américaine en août 1944. Il participe aux combats des silos de Bourgoin, le 23 août 1944, qui se solde par la capitulation d’une garnison allemande. Il rejoint ensuite Lyon où il s’installe avec ses hommes dans une école place Guichard. Il mène alors une série d’actions d’épuration contre les collaborateurs. Envoyé par la suite dans un bataillon de l’armée française, il procède à l’instruction de jeunes recrues. Démobilisé en mars 1945, il retourne à la vie civile et monte une affaire de soierie.

Bernard Teperman a relaté ses souvenirs dans Passé décomposé (Nice, Éditions du Losange, 1998).

L’interview a été réalisée à Lyon le 7 juillet 1996. L’interviewer était Gérard Darcueil et le caméraman Denis Cugnod.