Des itinéraires dans l'Holocauste

Trouver un nouveau foyer – l’immigration et le retour à la vie

Après la période ambivalente de la Libération, les rescapés commencèrent à reconstruire leur vie. Nombre d’entre eux, cependant, éprouvaient des difficultés à continuer à vivre dans leur propre pays, et cherchèrent à se construire un avenir ailleurs. La Palestine (actuel Israël) et les États-Unis furent les destinations les plus recherchées parmi celles de l’immigration d’après-guerre.

De nombreux survivants juifs partirent en Palestine grâce à l’organisation de la Brigade juive et d’autres participèrent aux combats pour l’indépendance à l’égard de la Grande-Bretagne. Simon Drucker décrit son passage en Palestine comme une réaction au sentiment qu’il avait éprouvé d’être indésirable lorsqu’il revint des camps de concentration chez lui en France. À travers son projet de partir combattre pour l’indépendance de la Palestine, Simon souligne l’importance de rebâtir sa vie, et il fut effectivement capable, par la suite, de revenir en France, de se marier et de vivre sa vie. Lors de la création de l’État d’Israël en 1948, des milliers de rescapés partirent s’y installer. Le nombre de migrants est inconnu mais on estime que 170 000 personnes déplacés et réfugiés juifs d’Europe avaient émigré en Israël en 1973.

L’immigration aux États-Unis est un voyage que de nombreux survivants racontent dans leurs témoignages. La collection audiovisuelle de l’USC Shoah Foundation contient 7 417 témoignages évoquant cette question. Plusieurs séries de lois ont été nécessaires pour rendre possibles ces migrations, mais en 1952, 137 450 réfugiés juifs (dont près de 100 000 personnes déplacées) s’étaient installés aux États-Unis. Sonia Klein et Bella Arnett offrent deux illustrations des formes qu’emprunta ce voyage depuis l’Allemagne et la Pologne.

D’autres réfugiés juifs d’Europe émigrèrent en tant que personnes déplacées et réfugiées au Canada, en Australie, en Europe de l’ouest, en Nouvelle-Zélande, au Mexique, en Amérique du Sud et en Afrique du Sud. Leur route pour rejoindre ces pays fut le commencement d’un retour bouleversant à la vie après la mort et la destruction de l’Holocauste.

Finding New Homes UNESCO 2014 French

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Finding New Homes UNESCO 2014 French

Bella Arnett

Language: English

Bella Arnett (née Froman) voit le jour le 6 septembre 1917 à Varsovie (Empire russe, actuelle Pologne). Elle a trois frères et deux soeurs. Le père de Bella, Chaim, est un shoikhet - travaillant à l’abattage rituel des animaux selon la tradition juive. Il observe Ger Hasidism et est un membre respecté de la communauté locale. Avant la guerre, Bella fréquente une école polonaise et reçoit une éducation juive à la maison. Varsovie est envahie par les nazis en septembre 1939 ; une année plus tard, la famille

Froman est emprisonnée dans le ghetto de Varsovie mis en place par les autorités d’occupation en octobre 1940. Peu après, en novembre, Bella épouse Meyer Aronowicz. Elle obtient un certificat d’aryanité et un travail dans une fabrique de vêtements militaires hors du ghetto. Quand la faim se déclare dans le ghetto, Bella fait parvenir clandestinement de la nourriture à sa famille. Bella et Meyer survivent à la guerre sous une fausse identité. Les parents de Bella et ses frères et soeurs ne survivent pas à l’Holocauste.

Après la libération de Varsovie par les forces armées soviétiques en janvier 1945, Bella et son mari quittent la Pologne et s’installent dans le camp de personnes déplacées de Lampertheim, en Allemagne. Ils émigrent ensuite à New York en avril 1948. Aux États-Unis, Bella travaille dans la corsetterie pour compléter les revenus de son mari. Au moment de l’interview, elle avait deux enfants et quatre petits-enfants.

L’interview a été réalisée le 17 mars 1995 à Great Neck (New York, USA) ; intervieweur : Tina Tito ; vidéaste : Ramin Fathie. Bella Arnett est décédée le 8 juin 2013.

  • Bella Arnett

    Language: English

    Bella Arnett (née Froman) voit le jour le 6 septembre 1917 à Varsovie (Empire russe, actuelle Pologne). Elle a trois frères et deux soeurs. Le père de Bella, Chaim, est un shoikhet - travaillant à l’abattage rituel des animaux selon la tradition juive. Il observe Ger Hasidism et est un membre respecté de la communauté locale. Avant la guerre, Bella fréquente une école polonaise et reçoit une éducation juive à la maison. Varsovie est envahie par les nazis en septembre 1939 ; une année plus tard, la famille

    Froman est emprisonnée dans le ghetto de Varsovie mis en place par les autorités d’occupation en octobre 1940. Peu après, en novembre, Bella épouse Meyer Aronowicz. Elle obtient un certificat d’aryanité et un travail dans une fabrique de vêtements militaires hors du ghetto. Quand la faim se déclare dans le ghetto, Bella fait parvenir clandestinement de la nourriture à sa famille. Bella et Meyer survivent à la guerre sous une fausse identité. Les parents de Bella et ses frères et soeurs ne survivent pas à l’Holocauste.

    Après la libération de Varsovie par les forces armées soviétiques en janvier 1945, Bella et son mari quittent la Pologne et s’installent dans le camp de personnes déplacées de Lampertheim, en Allemagne. Ils émigrent ensuite à New York en avril 1948. Aux États-Unis, Bella travaille dans la corsetterie pour compléter les revenus de son mari. Au moment de l’interview, elle avait deux enfants et quatre petits-enfants.

    L’interview a été réalisée le 17 mars 1995 à Great Neck (New York, USA) ; intervieweur : Tina Tito ; vidéaste : Ramin Fathie. Bella Arnett est décédée le 8 juin 2013.

  • Sonia Klein

    Language: English

    Sonia Klein (née Joskowicz) est née le 16 juin 1925 à Varsovie (Pologne). Ses parents, Itzack et Jospa Joskowicz, ont une boutique où l’on vend des fruits, des légumes, du bois et du charbon. Sonia est l’aînée de trois enfants ; elle a une soeur et un frère. Avant la guerre, elle fréquente une école publique et veut devenir enseignante.

    Quand la guerre éclate en septembre 1939, le domicile familial est détruit au cours du bombardement de Varsovie. La famille s’installe chez des parents éloignés avant l’établissement du ghetto dans la ville, en 1940. Dans le ghetto, Sonia attrape la typhoïde. Alors que des rumeurs de déportation vers Treblinka circulent au début de l’année 1943, Itzack, avec d’autres hommes du ghetto, construit un abri souterrain d’une capacité de 75 personnes. Au moment de la révolte du ghetto de Varsovie, le 9 avril 1943, la famille Joskowicz se cache dans l’abri. Les chars allemands arrivent pour réprimer la révolte et les rafles de Juifs démarrent. La famille est découverte par des soldats allemands, arrêtée et déportée au camp de concentration de Majdanek. La mère de Sonia et son frère de dix ans sont séparés du reste de la famille à l’arrivée, et assassinés. Sonia et sa soeur sont séparées de leur père et transférées à Auschwitz II-Birkenau. Demeuré à Majdanek, Itzack est assassiné le jour suivant. Sonia et sa soeur sont transférées de Birkenau à Auschwitz I, en octobre 1944, et, en janvier 1945, emmenées au camp de concentration de Ravensbrück en Allemagne. Quand les forces armées alliées se rapprochent, elles sont transférées au camp de Taucha et finalement évacuées dans une marche forcée. Les prisonniers sont libérées par l’armée américaine en avril 1945.

    En juin 1945, Sonia épouse Joseph Klein ; ils ont un fils, Alan. Le couple vit à Mittenwald, en Bavière, et émigre aux États-Unis, en décembre 1949. Ils s’installent à Buffalo (état de New York), où Sonia travaille dans une entreprise de restauration. La famille s’installe à North Miami Beach (état de Floride) dans les années 1980.

    L’interview a été réalisée le 6 février 1996 à North Miami Beach (Floride, États-Unis) ; intervieweur : Bonnie Slavin ; vidéaste : Abraham Olman.

  • Simon Drucker

    Language: French

    Simon Drucker est né en 1924 à Paris (France) dans une famille juive originaire de Pologne. Ses parents, Abraham et Thérèse, ont quitté la Pologne pour la France en 1921. Simon avait un frère cadet, Isidore.

    Engagé volontaire dans la Légion étrangère au moment de la déclaration de guerre, Abraham est arrêté en juin 1942 et déporté dans un premier temps à Pithiviers, puis à Auschwitz d’où il ne reviendra pas.

    Le 16 juillet 1942, Simon, Thérèse et Isidore sont arrêtés au cours de la rafle du Vélodrome d’Hiver. Interné au camp de Beaune-la-Rolande, il assiste à la déportation de sa mère et de son frère, qui périront à Auschwitz. Simon est déporté à son tour et emprisonné dans une dizaine de camps de concentration et prisons entre 1942 et 1945. Avant la libération du territoire par les Alliés et la fin de la guerre, il s’échappe, et survit dans la campagne tchécoslovaque.

    En mai 1945, Simon est rapatrié à Paris. Il a perdu toute sa famille dans la Shoah. En 1948, il quitte la France pour aller combattre en faveur de l’indépendance d’Israël. Il retourne en France en 1952. A Paris, il rencontre sa femme en 1953 et l’épouse en 1954. Le couple a une fille en 1957. Au moment de l’interview, Simon était grandpère d’un petit garçon.

    L’interview a été réalisée le 21 février 1997 à Paris (France); interviewer : Philippe Stroun; vidéaste : Sylvain Kauffmann.