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Chana Rosenberg-cnrd2015

Dans cet extrait, Chana Rosenberg relate sa libération et sa rencontre avec les soldats russes.

Chana Rosenberg est née en 1930 à Szydlowiec (Pologne). Pendant la guerre, elle est internée dans divers camps. Séparée du reste de sa famille, elle parvient à demeurer aux côtés de sa mère avec laquelle elle est transférée à Auschwitz puis à Ravensbrück et à Malchow. Après la guerre, les deux femmes retrouvent le père et un des frères de Chana. La famille part s’installer à Lyon (France). Après avoir travailler dans une entreprise familiale de prêt-à-porter, Chana devient thérapeute.

L’interview a été réalisée le 12 octobre 1995 à Paris. L’interviewer était Laurent Aknin.

Éliane Picard-cnrd2015

Dans cet extrait, Éliane Picard évoque la difficulté qu’elle a éprouvée, pendant longtemps, à raconter son expérience. Elle parle aussi du sentiment de haine qui l’a aidé à tenir durant sa déportation.

Éliane Picard, née Lévy, voit le jour le 19 octobre 1924 à Ensisheim (Haut-Rhin), dans une famille juive alsacienne. Elle a trois sœurs et deux frères. Son père est médecin ; sa mère n’exerce pas de profession. Juifs libéraux, les Lévy ne pratiquent pas véritablement la religion.

Lorsque la guerre éclate, les enfants sont envoyés à Fécamp où ils demeurent jusqu’en mai 1940. Ils prennent ensuite le chemin de Toulouse et sont rejoints par leurs parents en novembre 1940. Dans cette ville, Éliane suit une école de commerce jusqu’au mois d’octobre 1941. Fin 1942, l’un de ses frères franchit la frontière franco-espagnole. Il s’installera par la suite aux États-Unis où il deviendra instructeur.

Éliane se livre à des activités de résistance. Elle effectue quelques voyages pour transporter de l’argent à Grenoble. Le 5 mai 1944, la Gestapo débarque chez les Lévy. Le plus jeune frère d’Éliane peut se sauver. Il demeurera caché à la campagne chez des paysans jusqu’à la Libération. Les Lévy sont emmenés à la prison Saint-Michel de Toulouse où ils séjournent du 5 mai au 11 mai 1944. Transférés à Drancy, ils sont déportés à destination d’Auschwitz par le convoi du 20 mai 1944.

Après un passage par le camp de quarantaine, Éliane est affectée dans divers Kommandos et travaille à la Biberei, un atelier de tissage où l’on fabrique des sangles et des courroies de parachutes. Elle est envoyée au camp de Bergen-Belsen en décembre 1944 puis transférée dans un Kommando en Saxe. Elle est finalement évacuée le 14 avril 1945 vers le camp de Mauthausen. Là, le 5 mai au matin, elle découvre que les gardes SS ont disparu. Elle quitte le camp et rencontre les troupes américaines dans un village voisin. Prise en charge du 5 au 15 mai, elle est ensuite rapatriée et arrive à Paris le 21 mai. Il lui faudra un an pour recouvrer la santé.

Éliane Picard s’est mariée en 1947 et a eu deux fils. Elle est décédée en 2012.

L’interview a été réalisée à Paris le 11 mars 1996. L’intervieweuse était Lucie Caries.

Sarah Montard-cnrd2015

Dans cet extrait, Sarah Montard relate son retour en France et décrit les contrôles sanitaires qu’elle a subis.

Sarah Montard (née Lichtsztejn) est née à Dantzig (ville libre sous la protection de la Société des Nations) le 16 mars 1928. Son père Moïse est un homme de lettres. Sa mère Maria est couturière. La famille émigre en France en 1930 et s’installe à Paris. Au début de la guerre, après une courte évacuation en Normandie, Sarah fait sa rentrée au lycée. En janvier 1940, elle est envoyée dans une colonie de l’Œuvre de secours à l’enfance (OSE) sur la côte d’Azur, à Boulouris-sur-Mer. Elle ne rentre à Paris qu’après la défaite française et reprend le lycée à l’automne 1940.

La famille se fait recenser en octobre 1940. Arrêté à l’été 1941, son père est envoyé au camp de Pithiviers mais s’en évade au mois de septembre. Il vit dès lors à Paris, dans un immeuble du XXe arrondissement, sous un faux nom. Sarah est arrêtée avec sa mère le 16 juillet 1942 lors de la rafle du Vélodrome d’Hiver. Les deux femmes s’échappent toutefois du vélodrome et poursuivent leur vie à Paris sous de fausses identités. Arrêtées une nouvelle fois le 24 mai 1944, elles sont déportées le 30 mai à Auschwitz-Birkenau après un bref passage à Drancy. Mises en quarantaine, elles sont ensuite versées dans des kommandos où elles effectuent des travaux de force. Séparées en octobre, elle ne se retrouvent que dans la Marche de la mort qui suit l’évacuation d’Auschwitz en janvier 1945. Menées à Gleiwitz, elles rejoignent Buchenwald puis le camp de Bergen-Belsen. Libérées par l’armée britannique le 15 avril 1945, elles sont ensuite rapatriées en France et entrent en Gare du Nord le 24 mai 1945.

Dans l’après-guerre, Sarah termine ses études puis entre à l’agence Reuter. Elle se marie en 1952 et donne naissance à deux enfants ; au moment de l’interview, elle a trois petits enfants.  Elle travaille au Muséum national d’Histoire naturelle et se trouve rattachée au CNRS où elle travaille jusqu’en 1983. Depuis 1983 – année de la mort de sa mère –, Sarah est très investie dans la transmission de son expérience, notamment par ses interventions en milieu scolaire.

Sarah Montard vient de faire paraître un ouvrage où elle raconte son expérience (Chassez les papillons noirs, Paris, Le Manuscrit, 2012).

L’interview a été réalisée à Le Tremblay-sur-Mauldre le 5 novembre 1996. L’intervieweuse était Charlotte Rab.

Day 16 of 70 days of Testimony: Linda Breder on abuse in Auschwitz

Linda Breder was a Kanada Kommando in Auschwitz who collected inmates' belongings they were forced to leave behind. Linda remembers how a Nazi soldier disciplined inmates complaining of thirst. Years later Breder testified at that soldier’s war crime trial. This is the 16th testimony clip in the series 70 days of Testimony: Leading up to the 70th Anniversary of the liberation of Auschwitz.  

Émile Levasseur-cnrd2015

Dans cet extrait, Emile Levasseur raconte comment la vie s’est organisée avec ses frères après son retour.

Émile Levasseur est né le 10 mars 1916 à Paris dans une famille juive originaire de Pologne. Son père, Abraham Helwaser, est maroquinier. Sa mère, Riwka (née Goldwaser) s’occupe d’Émile et de ses cinq frères et sœurs, son frère aîné, Georges, et ses quatre cadets, Eva, Madeleine, Marcel et Paul. Avant la guerre, Émile vend des journaux et exerce la profession de photographe sportif. En octobre 1936, il rejoint le 4e régiment de dragons stationné à Verdun. Au printemps 1940, il accomplit la campagne de Norvège. A la suite de l’invasion allemande, il se bat dans les Ardennes. Après la défaite française, il retourne à Paris et entreprend de vendre des légumes au marché des Halles. Sous l’Occupation, il entre dans la résistance communiste par le biais d’Albert Rigal, conseiller municipal du IVe arrondissement parisien. Ses activités consistent alors principalement à diffuser des tracts dans les boîtes aux lettres.

En septembre 1942, Émile est arrêté en même temps que ses parents et sa sœur Madeleine. Ils sont transférés à la prison du Cherche-Midi. Après une nuit à Drancy, ils sont déportés le 28 septembre 1942 pour Auschwitz. Sélectionnés pour le camp de travail de Niederkirchen, Émile perd la trace de sa famille. Il survit de son côté à de multiples transferts dans différents camps de concentration tels que Mittelbau-Dora, Blechhammer et finalement Buchenwald où il est libéré par l’armée américaine en avril 1945. Ses parents et sa sœur n’ont pas survécu à la déportation.

Après la libération, Émile retrouve ses deux jeunes frères, Marcel and Paul, à Paris. De son union avec Violette Hérin naît son fils Philippe, en 1953. Divorcé, Émile se remarie en 1995 avec Evelyne Zemmour. Au moment de l’interview, il est le grand-père de trois petites filles.

L’interview a été réalisée le 5 mars 1996 à Paris. L’interviewer était Denise Similovici et le caméraman Gilmer Pozo.

Simone Lagrange-cnrd2015

Dans cet extrait, Simone Lagrange raconte comment elle s’est enfuie, avec une camarade, pendant les marches de la mort, et comment toutes deux ont survécu cachées dans une cave, jusqu’à l’arrivée des Russes.

De son nom de jeune fille Kadousche, Simone Lagrange est née le 23 octobre 1930 à Saint-Fons, à côté de Lyon. Originaires du Maroc, ses parents Simon Kadousche et Rachel ont rejoint la France aux années 1920. Au moment de la guerre, son père aide au transfert de réfugiés de la zone Nord et transporte des armes.  De son côté, Simone n’est encore qu’une jeune adolescente lorsqu’elle accomplit ses premiers actes de résistance. Elle profite des alertes aériennes, pendant lesquelles elle a en charge de guider des personnes âgées, pour diffuser des tracts de la Résistance.

Trahie par une personne qu’elle hébergeait, la famille est arrêtée le 6 juin 1944 et emmenée à la Gestapo, place Bellecour. Ce jour-là et les suivants, alors que Simone et ses parents ont été amenés au fort de Montluc, la jeune fille est violentée par Klaus Barbie, chef de la Gestapo de la région lyonnaise, qui cherche en vain à savoir où se cachent ses frères et sœurs. Transférés à Drancy, Simone et sa mère y demeurent une semaine avant d’être déportées à Auschwitz-Birkenau par le convoi du 30 juin 1944. En trichant sur l’âge de sa fille, la mère de Simone lui permet d’échapper à la chambre à gaz à son arrivée. Elle est elle-même gazée le 23 août 1944. Après cinq mois à Birkenau, Simone est transférée au camp d’Auschwitz I. Elle travaille dans une usine jusqu’à l’évacuation du 18 janvier 1945. Au cours de la marche forcée qui suit, Simone retrouve son père qu’elle n’avait pas revu depuis Montluc. Les retrouvailles sont brutalement interrompues par un soldat SS qui exécute son père sous ses yeux. Epuisée, elle échoue au camp de Ravensbrück, quelques jours plus tard, où elle intègre un Kommando. Lors de l’évacuation du camp, en mai 1945, elle s’échappe du convoi avec une compagne d’internement. Le 8 mai, les fugitives rencontrent des soldats de l’Armée rouge avant de pénétrer dans la zone américaine à quelques dizaines de kilomètres de là. Après bien des détours, Simone finit par rentrer à Paris le 27 mai 1945.

En 1987, elle sera un témoin majeur au procès de Klaus Barbie, accusé de crimes contre l’humanité pour son rôle dans la Gestapo pendant la guerre. Elle continue aujourd’hui de transmettre son expérience en intervenant auprès des lycéens.

L’interview a été menée à Seyssinet le 14 octobre 1995. L’interviewer était Gérard Darcueil et le caméraman Denis Cugnod.

Julien Kichelewski-cnrd2015

Dans cet extrait, Julien Kichelewski raconte son arrivée à Paris et son retour à son domicile, dans le Marais, après un passage par l’hôtel Lutetia.

Julien Kichelewski est né le 30 septembre 1922 à Paris, d’un père polonais, Aron, et d’une mère russe, Sonia. Engagé volontaire dans l’armée française pendant la Première Guerre mondiale, Aron a été gazé durant les combats. Sa pension de guerre lui permet d’acheter une première boucherie dans le IVème arrondissement à Paris. Julien a deux frères, dont l’un meurt en bas âge, et deux sœurs. Il se souvient d’une enfance heureuse, dans le respect des traditions juives. De nombreux échos des persécutions antijuives leur parviennent en revanche de l’Allemagne nazie.

Au moment de l’invasion allemande, la famille Kichelewski s’éloigne de Paris et s’installe à Cluis (Indre), un petit village proche de Châteauroux, où elle demeure jusqu’en juillet-août 1940. Les Kichelewski rentrent ensuite à Paris et reprennent leurs activités. Recensés en septembre 1940, ils portent l’étoile jaune en juin 1942. En juillet, Julien et son frère Marcel partent en direction du Sud-Ouest de la France et parviennent jusqu’à Pau. Ils sont rejoints par leurs sœurs. En août 1942, leurs parents sont arrêtés alors qu’ils tentent de passer à leur tour la ligne de démarcation. Ils mourront en déportation. Marcel finit quant à lui par franchir les Pyrénées afin de rejoindre la France Libre, ce qu’il parvient à faire après un passage par le camp de Miranda en Espagne. Julien demeure à Pau où il travaille chez un boucher.

En mai 1944, Julien et ses sœurs sont arrêtés par les Allemands alors qu’ils tentent de passer la frontière espagnole. Emmenés à la Gestapo de Pau, ils sont emprisonnés dans la prison de Toulouse. Internés par la suite à la caserne Caffarelli avec d’autres juifs raflés, ils sont transférés au camp de Drancy et déportés à Auschwitz par le convoi du 30 juin 1944. Julien est séparé de ses sœurs à l’arrivée. Il est envoyé au camp de Monowitz-Buna pour travailler dans divers Kommandos. Il manque de mourir lors d’une opération d’un ulcère à l’estomac à l’infirmerie du camp. En janvier 1945, le camp est évacué à l’approche des Alliés. Julien se retrouve au camp de Gleiwitz après une marche de plusieurs jours. Il s’y cache pour ne pas partir. Déniché par les Allemands, il est tabassé mais survit au milieu des morts. Il parvient à se dissimuler au dessus du plafond d’un bloc pendant plusieurs jours. Julien voit arriver les troupes de l’Armée Rouge. Il est envoyé dans un hôpital à Czestochowa.

Il est rapatrié par train et arrive à Paris le 21 juillet 1945. Après un passage par l’hôtel Lutetia, il retourne chez lui, dans le Marais, et retrouve ses sœurs, rentrées de Bergen-Belsen au mois d’avril précédent.

Julien Kichelewski est décédé en 2003.

L’interview a été réalisée à Paris le 21 mars 1996. L’intervieweuse était Malka Marcovich.

Régine Jacubert-cnrd2015

Dans cet extrait, Régine Jacubert raconte comment, après son retour en France, elle a pris le train pour rejoindre Nancy. Elle évoque son appréhension et l’indifférence des autres passagers.

Régine Jacubert (née Skørka) est née le 24 janvier 1920 à Zagorow, Pologne. Son père, Yacob Skørka enseignait l’Hébreu et le Yiddish dans une yeshivah. Sa mère, Slatka Szejman était modiste. Elle avait trois frères. La famille est arrivée en France en 1930, s’installant à Nancy.

Réfugiée à Bordeaux avec les siens après l’invasion allemande en 1940, Régine rentre seule à Nancy où elle travaille. Le reste de sa famille est arrêté et interné. A Nancy, Biographies des témoins elle échappe à la grande rafle du 19 juillet 1942 et passe clandestinement en zone Sud. A Lyon, où elle a trouvé un travail, elle entre dans le mouvement de résistance Combat, en janvier 1943. Arrêtée en juin 1944, elle est interrogée à la Gestapo, notamment par Klaus Barbie. Transférée à Drancy, elle est déportée à Auschwitz- Birkenau par le convoi du 31 juillet 1944. Au bout de trois mois, elle est transférée au camp de travail pour femme de Kratzau en Tchécoslovaquie. Là, elle travaille dans une usine d’armement. Le camp est libéré par l’Armée rouge le 9 mai 1945 et elle rentre en France le 3 juin 1945.

A la fin des années 1980, elle témoigne au procès de Klaus Barbie. Elle s’investit pleinement dans le travail de mémoire et la transmission de son expérience aux des jeunes générations. En 2009, elle a publié un livre sur ses expériences pendant la Shoah, entitulé Fringale de vie contre usine à mort.

L’interview a été réalisée le 7 février 1996 à Nancy (France); interviewer : Georges Gandwerg; vidéaste : Daniel Cattan.

Ida Grinspan-cnrd2015

Dans cet extrait, Ida Grinspan raconte sa prise en charge par les Russes, puis par les Américains et son retour en France.

Ida Grinspan est la fille de Chaja et Jankiel Fensterszab, tous deux originaires de Pologne. Ida est née le 19 novembre 1929 à Paris. Elle a un frère, Adolphe. Jankiel exerce la profession de tailleur, aidé par sa femme. Ida parle yiddish à la maison et suit des cours pour apprendre à écrire cette langue. La famille pratique peu la religion juive.

Au début de la guerre, Chaja part temporairement, avec ses deux enfants, à Lié, un petit village des Deux-Sèvres proche de Niort. C’est là que, sous l’Occupation, Ida demeure, éloignée de sa famille. Vivant sous sa vraie identité, elle y décroche son certificat d’études en 1941.

Sa mère est arrêtée lors de la rafle du Vélodrome d’Hiver en juillet 1942. Elle sera déportée à Auschwitz d’où elle ne reviendra pas. Son mari et son fils échappent en revanche aux arrestations. Ida maintient le contact avec son père auquel elle envoie des colis avec l’aide d’habitants du village. Elle est finalement arrêtée à son tour dans la nuit du 30 au 31 janvier 1944. Internée au camp de Drancy, elle est déportée à Auschwitz par le convoi du 10 février 1944. Malgré ses quatorze ans, elle passe au travers des mailles de la sélection.

Elle est versée dans divers Kommandos avant d’être affectée à l’Union Werke, une usine d’armement, en septembre 1944. Lors de l’évacuation du camp, le 18 janvier 1945, Ida marche durant plusieurs jours et nuits avant d’embarquer dans un train qui l’emmène à Ravensbrück, puis au camp de Neustadt. Elle y survit jusqu’à l’arrivée des troupes de l’Armée rouge. Prise en charge pendant un mois, elle est emmenée en camion jusqu’à Lunebourg (Basse-Saxe). Elle y subit un contrôle médical avant d’être rapatriée en France, le jour même, dans un avion canadien. À son arrivée à Paris, elle est hospitalisée. Elle retrouve son frère et prend douloureusement conscience de la disparition de ses parents (son père a été déporté par le convoi du 31 juillet 1944 à destination d’Auschwitz d’où il n’est pas revenu). Ida part ensuite pour plus d’un an, en Suisse, dans un sanatorium. Elle en revient en septembre 1946.

Dans l’après-guerre, elle exerce le métier de couturière. Elle se marie en 1953 avec Charles Grinspan, dont la mère a été déportée. De leur union naît une fille, Sophie-Hélène. Ida Grinspan a raconté sa déportation dans un livre coécrit en 2002 avec Bertrand Poirot-Delpech, J’ai pas pleuré (Robert Laffont).

L’interview a été réalisée à Paris le 14 juin 1995. L’intervieweuse était Hélène Levy-Wand Polak.

Simon Drucker-cnrd2015

Simon Drucker décrit son passage en Palestine comme une réaction au sentiment qu’il avait éprouvé d’être indésirable lorsqu’il revint des camps de concentration chez lui en France . À travers son projet de partir combattre pour l’indépendance de la Palestine, Simon souligne l’importance de rebâtir sa vie, et il fut effectivement capable, par la suite, de revenir en France, de se marier et de vivre sa vie.

Simon Drucker est né en 1924 à Paris (France) dans une famille juive originaire de Pologne. Ses parents, Abraham et Thérèse, ont quitté la Pologne pour la France en 1921. Simon avait un frère cadet, Isidore. Engagé volontaire dans la Légion étrangère au moment de la déclaration de guerre, Abraham est arrêté en juin 1942 et déporté dans un premier temps à Pithiviers, puis à Auschwitz d’où il ne reviendra pas.

Le 16 juillet 1942, Simon, Thérèse et Isidore sont arrêtés au cours de la rafle du Vélodrome d’Hiver. Interné au camp de Beaune-la-Rolande, il assiste à la déportation de sa mère et de son frère, qui périront à Auschwitz. Simon est déporté à son tour et emprisonné dans une dizaine de camps de concentration et prisons entre 1942 et 1945. Avant la libération du territoire par les Alliés et la fin de la guerre, il s’échappe, et survit dans la campagne tchécoslovaque.

En mai 1945, Simon est rapatrié à Paris. Il a perdu toute sa famille dans la Shoah. En 1948, il quitte la France pour aller combattre en faveur de l’indépendance d’Israël. Il retourne en France en 1952. A Paris, il rencontre sa femme en 1953 et l’épouse en 1954. Le couple a une fille en 1957. Au moment de l’interview, Simon était grandpère d’un petit garçon.

L’interview a été réalisée le 21 février 1997 à Paris (France); interviewer : Philippe Stroun; vidéaste : Sylvain Kauffmann.

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