Frida Wattenberg CNRD

Dans cet extrait, Frida décrit ses activités de résistance dans son lycée en 1940. Elle explique comment elle dissimulait des tracts dans les poches des manteaux des élèves accrochés dans les couloirs.  Le 11 novembre 1940, à l’occasion de la manifestation des étudiants à Paris, elle mit en place des banderoles gaullistes qui entraînèrent l’intervention de la police. L’administration de son école protégea toutefois les élèves juifs en les renvoyant chez eux avant que les forces de l’ordre n’arrivent.

Frida Wattenberg est née à Paris le 7 avril 1924. Son père, Hersch Smiétanski, est originaire de Blaski et sa mère, Alta Wattenberg, de Tomasow Mazowiec, deux villes de la région de Lodz (Pologne). Frida reçoit le nom de sa mère car au moment de sa naissance, son père avait été expulsé de France. Ses parents se séparent quand elle n'a que cinq ans. Elle vit auprès de sa mère avec son frère Maurice.

Lors de la déclaration de guerre, en 1939, Frida est envoyée dans un pensionnat à Poitiers. En 1940, elle retourne à Paris et entre en résistance en diffusant des tracts gaullistes au lycée Victor Hugo où elle effectue sa scolarité.  Elle travaille par la suite à l'Œuvre de Secours aux Enfants (OSE) qui vient en aide aux enfants démunis. La mère de Frida est arrêtée lors de la rafle du Vélodrome d'Hiver, le 16 juillet 1942, et emmenée à Drancy.  Frida parvient à obtenir sa libération en prouvant que sa mère travaillait dans un atelier fournissant des vêtements à l'armée allemande.  Grâce à l'intervention de son filleul de guerre, Roger Gemmeron, Alta rejoint Lhommaizé (Vienne), en zone non occupée, où elle va séjourner près de deux ans. En juillet 1943, Frida quitte Paris pour Grenoble et rejoint la résistance juive. Elle évolue entre Grenoble, Toulouse et Nice où elle se livre à des activités de résistance.  Son frère Maurice, qui l'a accompagné à Grenoble, monte au maquis Bleu Blanc de l'Armée juive.

En 1944, après la Libération, Frida retourne à Paris où elle retrouve sa mère et son frère. Étudiante en psychologie, elle travaille à l'Œuvre de protection des enfants juifs (OPEJ), une organisation qui prend en charge les enfants dont les parents ont disparu en déportation.  En 1947, elle rejoint la Palestine, à la veille de la création de l'Etat d'Israël.  Elle y devient infirmière, puis enseignante spécialisée. Elle y rencontre en outre Marcel Rudman, qu'elle épouse, et avec lequel elle a deux enfants, Amnon and Anita.  En 1953, la famille part s'installer à Paris. Frida devient plus tard la secrétaire générale d'une association de rescapés, "Mémoire Juive de Paris". Au moment de l'interview, elle est la grand-mère de deux petits enfants.

L’interview a été menée à Paris le 28 juillet 1995. L’interviewer était Peggy Frankston, le caméraman Gilmer Pozo.

Language: French