Raymond Clubourg

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Raymond Clubourg

Language: French

Dans cet extrait, Raymond Clubourg raconte le jour où la nouvelle du débarquement anglo-américain en Normandie éclate au camp de Saint-Paul d’Eyjeaux. Il évoque aussi le coup de main de la Résistance sur le camp, qui permet l’évasion de prisonniers.

Raymond Clubourg est né sous le nom de Jechiel Klubski le 13 août 1926 à Lodz (Pologne). Raymond n’a que quelques années lorsqu’il part s’installer en France avec sa sœur Annie, née en 1930, et ses parents Zyssa et Maurice. Il fréquente l’école publique, rue Blomet (XVème arrondissement de Paris), et connaît une enfance heureuse dans une famille très intégrée. Il reçoit une éducation juive et entre aux Éclaireurs israélites de France (EIF). Ses parents travaillent dans la confection de vêtements.

Au moment de l’offensive allemande de mai 1940, le père de Raymond entre dans la Légion étrangère. Après l’armistice, Maurice qui se trouve dans l’Indre parvient à faire franchir la ligne de démarcation à sa famille. Tous s’installent à Saint-Gaultier. Raymond entre au collège du Blanc.

Après l’invasion de la zone Sud par les Allemands en novembre 1942, la famille Klubski se voit fournir de faux papiers par la Résistance. La sœur de Raymond est placée dans une famille de catholiques de gauche, à Roanne. Raymond entre quant à lui en contact avec l’Armée secrète. Il est chargé de transporter des tracts, des armes ou encore des faux papiers.  Fin 1943, pour sa sécurité, il trouve refuge à l’école nationale des sourds-muets de Cognin, près de Chambéry, où il reste six mois.

Il revient à Saint-Gaultier au printemps 1944 mais il est arrêté par deux miliciens au cours d’une mission en mai 1944. Il est passé à tabac mais ne parle pas : son réseau demeure intact. Envoyé au camp de Saint-Paul d’Eyjeaux, il y reste du 22 mai à début juin 1944, lorsque l’attaque du camp par les FFI permet l’évasion d’une partie des prisonniers, dont Raymond. Par la suite, il intègre le maquis et participe à des coups de main contre les troupes allemandes. Il se bat notamment sur le plateau de Millevaches. Il participe par la suite à la campagne de libération de la France.

Sa famille a survécu à Saint-Gaultier. Tous se retrouvent à Paris après la libération du territoire national. Raymond passe le baccalauréat, commence des études qu’il interrompt toutefois pour travailler aux côtés de son père dans la confection. Il dirige par la suite une grande société dans ce secteur. Il quitte l’Europe pour vivre en Uruguay avant de diriger une entreprise textile en Argentine. Il s’installe enfin à Miami.

L’interview a été réalisée à Los Angeles le 7 août 1995. L’interviewer était Robert Clary et le caméraman Gilmer Pozo.