Sarah Chaumette CNRD

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Sarah Chaumette

Language: French

Dans cet extrait, Sarah Chaumette explique comment elle a utilisé une petite machine à imprimer pour fabriquer des papillons – des petites bandes de papier sur lesquelles étaient inscrits des messages de propagande – et sa manière de les diffuser dans le métro et dans les bus.

Sarah Chaumette (née Litmanovitch) est née le 27 avril 1925 à Paris dans une famille de Juifs originaires de Kiev dans l'Empire Russe (aujourd'hui en Ukraine). Son père, Isol Litmanovitch, possède un atelier de tailleur et sa mère, Bronislava (née Racz), seconde son mari dans ses activités.

Endurant les mesures antisémites sous l’Occupation, la famille essaie malgré tout de mener une existence normale. Le 17 juillet 1942, sa mère seule est arrêtée par des policiers allemands et français venus à leur domicile. Elle sera transférée au camp de Drancy puis déportée à Auschwitz. Sarah continue de vivre avec son père avant que ce dernier ne soit arrêté à son tour. Il sera également déporté à Auschwitz. Sarah est hébergée par une militante du parti communiste clandestin qui la fait rejoindre son groupe. Entrée dans la clandestinité, elle participe à des activités de propagande et de recrutement. Un coup de filet dans la Résistance oblige Sarah à se mettre à l’abri en dehors de Paris. Elle se cache en grande banlieue, à Viroflay, où elle rencontre son futur mari, Pierre Chaumette, et où elle demeure jusqu’au début de l’été 1944. Le couple s’installe ensuite à Boulogne-Billancourt. Au moment des combats de la Libération de Paris, Sarah est blessée dans la rue par des balles allemandes. Elle est transportée et soignée à l’hôpital Bretonneau.

Après la Libération Sarah découvre que ses parents sont morts à Auschwitz. Elle épouse Pierre le 13 janvier 1945. Deux filles naîtront de leur union. Dans l’après-guerre, Sarah est vendeuse sur les marchés ; elle sera par la suite sténodactylo. Son mari fera quant à lui sa carrière au sein de l’entreprise Dassault.

L’interview a été réalisée à Maurepas en décembre 1996. L’interviewer était Charlotte Rab et le caméraman Richard Sarfati.