Concours national de la Résistance et de la Déportation – Édition 2012-2013

Sarah Chaumette

Language: French

Dans cet extrait, Sarah Chaumette explique comment elle a utilisé une petite machine à imprimer pour fabriquer des papillons – des petites bandes de papier sur lesquelles étaient inscrits des messages de propagande – et sa manière de les diffuser dans le métro et dans les bus.

Sarah Chaumette (née Litmanovitch) est née le 27 avril 1925 à Paris dans une famille de Juifs originaires de Kiev dans l'Empire Russe (aujourd'hui en Ukraine). Son père, Isol Litmanovitch, possède un atelier de tailleur et sa mère, Bronislava (née Racz), seconde son mari dans ses activités.

Endurant les mesures antisémites sous l’Occupation, la famille essaie malgré tout de mener une existence normale. Le 17 juillet 1942, sa mère seule est arrêtée par des policiers allemands et français venus à leur domicile. Elle sera transférée au camp de Drancy puis déportée à Auschwitz. Sarah continue de vivre avec son père avant que ce dernier ne soit arrêté à son tour. Il sera également déporté à Auschwitz. Sarah est hébergée par une militante du parti communiste clandestin qui la fait rejoindre son groupe. Entrée dans la clandestinité, elle participe à des activités de propagande et de recrutement. Un coup de filet dans la Résistance oblige Sarah à se mettre à l’abri en dehors de Paris. Elle se cache en grande banlieue, à Viroflay, où elle rencontre son futur mari, Pierre Chaumette, et où elle demeure jusqu’au début de l’été 1944. Le couple s’installe ensuite à Boulogne-Billancourt. Au moment des combats de la Libération de Paris, Sarah est blessée dans la rue par des balles allemandes. Elle est transportée et soignée à l’hôpital Bretonneau.

Après la Libération Sarah découvre que ses parents sont morts à Auschwitz. Elle épouse Pierre le 13 janvier 1945. Deux filles naîtront de leur union. Dans l’après-guerre, Sarah est vendeuse sur les marchés ; elle sera par la suite sténodactylo. Son mari fera quant à lui sa carrière au sein de l’entreprise Dassault.

L’interview a été réalisée à Maurepas en décembre 1996. L’interviewer était Charlotte Rab et le caméraman Richard Sarfati.

  • Sarah Chaumette

    Language: French

    Dans cet extrait, Sarah Chaumette explique comment elle a utilisé une petite machine à imprimer pour fabriquer des papillons – des petites bandes de papier sur lesquelles étaient inscrits des messages de propagande – et sa manière de les diffuser dans le métro et dans les bus.

    Sarah Chaumette (née Litmanovitch) est née le 27 avril 1925 à Paris dans une famille de Juifs originaires de Kiev dans l'Empire Russe (aujourd'hui en Ukraine). Son père, Isol Litmanovitch, possède un atelier de tailleur et sa mère, Bronislava (née Racz), seconde son mari dans ses activités.

    Endurant les mesures antisémites sous l’Occupation, la famille essaie malgré tout de mener une existence normale. Le 17 juillet 1942, sa mère seule est arrêtée par des policiers allemands et français venus à leur domicile. Elle sera transférée au camp de Drancy puis déportée à Auschwitz. Sarah continue de vivre avec son père avant que ce dernier ne soit arrêté à son tour. Il sera également déporté à Auschwitz. Sarah est hébergée par une militante du parti communiste clandestin qui la fait rejoindre son groupe. Entrée dans la clandestinité, elle participe à des activités de propagande et de recrutement. Un coup de filet dans la Résistance oblige Sarah à se mettre à l’abri en dehors de Paris. Elle se cache en grande banlieue, à Viroflay, où elle rencontre son futur mari, Pierre Chaumette, et où elle demeure jusqu’au début de l’été 1944. Le couple s’installe ensuite à Boulogne-Billancourt. Au moment des combats de la Libération de Paris, Sarah est blessée dans la rue par des balles allemandes. Elle est transportée et soignée à l’hôpital Bretonneau.

    Après la Libération Sarah découvre que ses parents sont morts à Auschwitz. Elle épouse Pierre le 13 janvier 1945. Deux filles naîtront de leur union. Dans l’après-guerre, Sarah est vendeuse sur les marchés ; elle sera par la suite sténodactylo. Son mari fera quant à lui sa carrière au sein de l’entreprise Dassault.

    L’interview a été réalisée à Maurepas en décembre 1996. L’interviewer était Charlotte Rab et le caméraman Richard Sarfati.

  • Renée Dubna

    Language: French

    Dans cet extrait, Renée Dubna explique comment elle s’y prenait pour distribuer des brochures de la Résistance et comment elle participa à l’organisation de déraillements de trains militaires.

    Renée Dubna (de son nom de jeune fille Simon) est née le 21 décembre 1919 à Mably (Loire) dans une famille catholique. Dotée du certificat d’étude, elle débute sa vie professionnelle à douze ans. Pendant la guerre, elle est confrontée à l’Occupation après l’invasion de la zone Sud par l’armée allemande en novembre 1942. En 1943, elle est employée chez un papetier de Roanne lorsqu’elle commence à se livrer à des activités de résistance. Elle aide ainsi à la fourniture de faux-papiers, à des transports d’armes et à des actions de sabotage. Arrêtée en mars 1944 par la police allemande, elle est détenue à Roanne et à Saint-Étienne avant d’être transférée au Fort de Romainville. Déportée le mois suivant au camp de Ravensbrück, elle y demeure pendant un an. Au moment de l’évacuation du camp, Renée est transférée au camp de Mauthausen. Elle est libérée en mai 1945 par l’armée américaine. D’abord prise en charge par la Croix-Rouge, elle est rapatriée par camion en France. Arrivée à Lyon, elle atteint bientôt Mably où elle retrouve sa famille.

    Après la guerre, elle reprend son travail et rencontre Wladimir Dubna avec lequel elle se marie en 1949. Le couple donne naissance à trois enfants, Monique, Yves et Annie. L’expérience de la déportation a notamment conduit Renée à s’interroger sur la religion et à devenir témoin de Jéhovah.

    L’interview a été réalisée à Louviers le 26 mars 1997. L’interviewer était Pamela Grant et le caméraman Robert Sitbon.

  • Albert Lévy

    Language: French

    Dans cet extrait, Albert Lévy parle de ses activités de propagande à la Main d’œuvre immigrée (MOI), à Lyon, à l’Union de la jeunesse juive et au Mouvement national contre le racisme. Il explique comment s’effectuait la distribution des tracts.

    Albert Lévy est né le 4 avril 1923 à Aurillac (France) au sein d’une famille originaire de Turquie. La famille s’installe à Clermont-Ferrand où Albert passe son enfance. Après la défaite militaire de 1940 et l’arrivée des troupes allemandes dans sa ville, il demeure quelques semaines dans le Sud de la France. De retour à Clermont, il participe au recensement et voit sa carte d’identité marquée du tampon « Juif ». Il poursuit ses études et se présente au concours de l’École normale supérieure en 1943. Il passe son oral à Paris sous un faux nom, en juillet, avec la complicité du directeur de l’école et des examinateurs. Admis, il n’intègre cependant pas l’école, en raison du numerus clausus  qui limite l’accès des Juifs admis aux universités. Il rejoint alors Lyon, où il vit avec sa sœur sous sa fausse identité.

    Là, il participe aux activités de l’Œuvre de Secours aux enfants (OSE) en aidant à plusieurs reprises au transfert de Juifs vers la Suisse. Il se livre à des actions de propagande avec l’Union de la jeunesse juive et le Mouvement national contre le racisme (MNCR), deux organisations de la Main-d’œuvre immigrée (MOI). La mort d’un camarade sous les balles allemandes le conduit à s’engager dans la lutte armée. Membre d’un groupe de combat rattaché aux Francs-tireurs et partisans (FTP), passé dans la clandestinité, il effectue des sabotages et de la récupération d’armes. Il continue également à diffuser des journaux et des tracts. Il participe à l’insurrection de Villeurbanne fin août 1944 puis à la prise de la mairie de la Croix-Rousse, juste avant l’arrivée des troupes américaines.

    Après la Libération, Albert Lévy s’installe à Paris. Journaliste à L’Humanité et à Droit et Liberté, le journal du MNCR, il milite au Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et pour la paix (MRAP). De 1971 à 1988, il est le secrétaire général de cette organisation qui devient en 1977 le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples. Il en sera par la suite le président d’honneur. Albert Lévy est mort le 9 septembre 2008.

    L’interview a été menée à Paris le 17 novembre 1995. L’interviewer était Pamela Grant et le caméraman Sylvain Rigollot.

  • Roger Trugnan

    Language: French

    Dans cet extrait, Roger Trugnan explique son activité de propagande à partir de l’été 1940 à la Main d’œuvre immigrée (MOI). Il évoque le contenu des tracts, les modes de diffusion et les prises de parole effectuées dans les cinémas pendant les Actualités cinématographiques.

    Roger Trugnan est né le 18 avril 1923 à Paris (France) dans une famille juive. Son père, Henri Trugnan, est un ébéniste originaire de Balta (Empire russe, aujourd’hui Moldavie), membre de la Confédération générale du Travail (CGT) et du parti communiste. Sa mère, Hélène Trugnan (née Cerman), est modiste. Roger a également une sœur, Germaine. Sous l’Occupation, grâce aux relations de son père, Roger participe aux activités de résistance de la Main d’œuvre immigrée (MOI). Il vit sous une fausse identité jusqu’au mois de mars 1943 quand il est arrêté, avec d’autres camarades résistants, par la police française. Certain de son exécution imminente en tant que membre de la résistance communiste, il révèle son identité juive ; il est alors transféré au camp de Drancy. Il est par la suite déporté à Auschwitz-Birkenau et envoyé au sous camp de Jawischowitz. Lors de l’évacuation du camp, le 18 janvier 1945, Roger participe à la marche de la mort qui le mène à Buchenwald. Le 11 avril 1945, il y est libéré par les troupes américaines.

    A son retour à Paris, Roger découvre que sa famille a été décimée. Il se marie en 1947 avec Annette Kirman. Le couple donne naissance à un enfant, Germain. Au moment de l’interview, il a quatre petits-enfants. 

    L’interview a été menée à Paris le 16 juillet 1996. L’interviewer était Véronique Singer et le caméraman Annie Walther.

  • Simone Lagrange

    Language: French

    Dans cet extrait, Simone Lagrange explique ses activités de propagande avec un groupe de jeunes de son âge, à Saint-Fons : diffusion de tracts et de petits cercueils à destination des collaborateurs, transports de messages…

    De son nom de jeune fille Kadousche, Simone Lagrange est née le 23 octobre 1930 à Saint-Fons, à côté de Lyon. Originaires du Maroc, ses parents Simon Kadousche et Rachel ont rejoint la France aux années 1920. Au moment de la guerre, son père aide au transfert de réfugiés de la zone Nord et transporte des armes.  De son côté, Simone n’est encore qu’une jeune adolescente lorsqu’elle accomplit ses premiers actes de résistance. Elle profite des alertes aériennes, pendant lesquelles elle a en charge de guider des personnes âgées, pour diffuser des tracts de la Résistance.

    Trahie par une personne qu’elle hébergeait, la famille est arrêtée le 6 juin 1944 et emmenée à la Gestapo, place Bellecour. Ce jour-là et les suivants, alors que Simone et ses parents ont été amenés au fort de Montluc, la jeune fille est violentée par Klaus Barbie, chef de la Gestapo de la région lyonnaise, qui cherche en vain à savoir où se cachent ses frères et sœurs. Transférés à Drancy, Simone et sa mère y demeurent une semaine avant d’être déportées à Auschwitz-Birkenau par le convoi du 30 juin 1944. En trichant sur l’âge de sa fille, la mère de Simone lui permet d’échapper à la chambre à gaz à son arrivée. Elle est elle-même gazée le 23 août 1944. Après cinq mois à Birkenau, Simone est transférée au camp d’Auschwitz I. Elle travaille dans une usine jusqu’à l’évacuation du 18 janvier 1945. Au cours de la marche forcée qui suit, Simone retrouve son père qu’elle n’avait pas revu depuis Montluc. Les retrouvailles sont brutalement interrompues par un soldat SS qui exécute son père sous ses yeux. Epuisée, elle échoue au camp de Ravensbrück, quelques jours plus tard, où elle intègre un Kommando. Lors de l’évacuation du camp, en mai 1945, elle s’échappe du convoi avec une compagne d’internement. Le 8 mai, les fugitives rencontrent des soldats de l’Armée rouge avant de pénétrer dans la zone américaine à quelques dizaines de kilomètres de là. Après bien des détours, Simone finit par rentrer à Paris le 27 mai 1945.

    En 1987, elle sera un témoin majeur au procès de Klaus Barbie, accusé de crimes contre l’humanité pour son rôle dans la Gestapo pendant la guerre. Elle continue aujourd’hui de transmettre son expérience en intervenant auprès des lycéens.

    L’interview a été menée à Seyssinet le 14 octobre 1995. L’interviewer était Gérard Darcueil et le caméraman Denis Cugnod.

  • Nicole Clarence

    Language: French

    Dans cet extrait, Nicole Clarence raconte son entrée dans la Résistance par le biais du mouvement des Éclaireurs de France. Elle décrit ses activités et un engagement toujours plus actif au fil du temps.

    Nicole Clarence est née le 3 août 1922 à Paris de parents juifs français, parfaitement intégrés, et sans tradition religieuse. Au moment de la débâcle française, en juin 1940, la famille part pour le Sud et s’installe à Nice puis à Marseille. Nicole entre alors aux Éclaireurs de France et devient cheftaine de louveteaux. C’est par son implication dans ce mouvement qu’elle entre en résistance. Elle effectue ainsi diverses missions.  Nicole rencontre par la suite Eugène Claudius-Petit, responsable du mouvement Franc-Tireur, lors d’un camp d’été d’art dramatique. Recrutée, elle effectue diverses missions. À Grenoble, elle est arrêtée une première fois par un agent de la Gestapo qui finit par la relâcher. Elle travaille ensuite à Lyon avant de partir se réfugier en Savoie avec ses parents. Là, la famille héberge des opérateurs radios. Par la suite, la famille se disperse.

    Nicole entre en contact avec le réseau Buckmaster «Acolyte» pour lequel elle effectue des actions de sabotages, des transports d’armes et des parachutages. En danger, elle est envoyée à Paris en septembre 1943, où elle travaille pour les Mouvements unis de Résistance (MUR), devenus Mouvement de Libération nationale (MLN) fin 1943. Arrêtée place de Breteuil le 4 août 1944, elle est torturée pendant plusieurs jours à la Gestapo de la rue de la Pompe avant d’être transférée à la prison de Fresnes. Déportée à Ravensbrück par le convoi du 15 août 1944, elle est affectée à un kommando à Schoenefeld, à côté de Leipzig, avec un groupes de Françaises. Travaillant dans une usine, les femmes se livrent à de discrètes actions de sabotage. En avril 1945, le kommando est évacué. Avec huit autres prisonnières, Nicole s’échappe sur la route et finit, après quelques jours d’errance, par rencontrer les troupes américaines. Il lui faudra encore quelques semaines pour atteindre Paris où elle retrouve sa famille, le 21 mai 1945.

    Dans l’après-guerre, Nicole Clarence mène une carrière de journaliste au sein de l’agence Magnum, puis du magazine Elle et du Figaro Madame. Elle se consacre par la suite à la peinture. Nicole Clarence est décédée en 2007.

    L’interview a été réalisée le 16 février 1996 à Paris. L’interviewer était Hélène Lévy-Wand Polak et le caméraman Mark Niedelson.

  • Jean-Louis Steinberg

    Language: French

    Dans cet extrait, Jean-Louis Steinberg raconte comment il est entré au parti communiste clandestin et a participé à la fabrication et à la diffusion de tracts.

    Jean-Louis Steinberg est né le 7 juin 1922 à Paris. Ses parents, Germain et Germaine (née Israel), sont commerçants et ont deux autres fils, Claude et Michel. À partir de 1936, Jean-Louis découvre le camping avec le mouvement des Auberges de jeunesse. Il campe à Annecy au moment de la déclaration de guerre ; il rejoint vite sa famille à Paris avant de partir se réfugier avec elle en Touraine. Après un court séjour sur place, la famille Steinberg rentre à Paris.

    Sous l’Occupation, Jean-Louis poursuit ses études universitaires tout en se livrant, à partir de 1941, à des activités de propagande pour le parti communiste clandestin. En 1943, il passe une thèse de docteur ingénieur et travaille dans le laboratoire d’Yves Rocard. En juin 1944, il est arrêté avec ses parents et l’un de ses frères à son domicile. Son plus jeune frère, alors caché dans une ferme en Normandie, échappe à la rafle. Emmenés à Drancy, les Steinberg sont déportés quelques jours plus tard à Auschwitz-Birkenau. Germaine, sa mère, est gazée à l’arrivée alors que Jean-Louis est affecté avec son père et son frère au camp de Monowitz-Buna (Auschwitz III) où ils effectuent au sein de Kommandos des travaux de terrassement. Son père et son frère ne survivent pas à la dureté des conditions d’existence.

    Le 18 janvier 1945, le camp est évacué et Jean-Louis participe à une marche forcée qui le mène au camp de Buchenwald. Dans un état de santé précaire, il est admis à l’hôpital du camp où il demeure jusqu’à la libération du camp par les forces armées américaines. Rapatrié en France par avion, il s’installe à Paris.

    Jean-Louis récupère l’appartement de la famille et retrouve son jeune frère qui a survécu aux événements. Il renoue également avec Madeleine, une amie britannique de l’avant-guerre, qui fut internée au camp de Vittel durant la guerre, avec laquelle il s’établit et se marie. Il débute une carrière scientifique sous la direction d’Yves Rocard et effectue une thèse dans le domaine de la radio astronomie. Plus tard, Jean-Louis Steinberg et sa femme participent activement à la transmission de leurs expériences respectives aux jeunes générations.

    L’interview a été menée à Paris le 31 octobre 1995. L’interviewer était Raphaël Lewandowski et le caméraman Mark Niedelson.

  • Bernard Teperman

    Language: French

    Dans cet extrait, Bernard Teperman décrit une action de propagande menée avec un camarade résistant. Basée sur la mise en place d’une machine artisanale posée sur un toit de la ville, elle a permis le lâcher de plusieurs milliers de tracts devant l’immeuble du journal Le Progrès, à Lyon.

    Bernard Teperman est né à Paris le 17 janvier 1913 de parents originaires de l’Est de l’Europe. La famille s’installe à Lyon au début des années 1920. Avec son frère cadet Maurice, Bernard grandit dans un environnement familial politiquement ancré à gauche. En 1934, Bernard épouse une jeune femme communiste qui a fui le Reich et le couple donne naissance a une petite fille, Colette. Bernard milite au parti communiste et à la Ligue internationale contre l’antisémitisme (LICA) : à plusieurs reprises, il affronte les militants d’extrême droite dans les rues de Lyon.

    Mobilisé en septembre 1939 sur les bords du Rhin, il est rapatrié par train au moment de la débâcle en 1940. Avec quelques amis, il se livre rapidement à des activités de résistance. Diffusant d’abord de la propagande, il participe par la suite à la lutte armée contre les troupes allemandes et à des actions de sabotage. Il agit alors sous la direction des Mouvements unis de la Résistance (MUR). De leur côté, le père et la femme de Bernard travaillent au sein de l’Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide (UJRE) à cacher des enfants juifs. La petite Colette est ainsi mise à l’abri dans le bourg d’Aigueperse (Rhône). Le 9 juillet 1944, la mère et la tante de Bernard sont arrêtées par la Gestapo. Son père échappe à l’arrestation. Les deux femmes seront déportées à Auschwitz d’où elles ne reviendront pas.

    Au printemps 1944, Bernard quitte Lyon pour rejoindre le maquis de Charavines (Isère). Il procède à l’équipement téléphonique de la zone. C’est là qu’il accueille l’avant-garde de l’armée américaine en août 1944. Il participe aux combats des silos de Bourgoin, le 23 août 1944, qui se solde par la capitulation d’une garnison allemande. Il rejoint ensuite Lyon où il s’installe avec ses hommes dans une école place Guichard. Il mène alors une série d’actions d’épuration contre les collaborateurs. Envoyé par la suite dans un bataillon de l’armée française, il procède à l’instruction de jeunes recrues. Démobilisé en mars 1945, il retourne à la vie civile et monte une affaire de soierie.

    Bernard Teperman a relaté ses souvenirs dans Passé décomposé (Nice, Éditions du Losange, 1998).

    L’interview a été réalisée à Lyon le 7 juillet 1996. L’interviewer était Gérard Darcueil et le caméraman Denis Cugnod.

  • Émile Levasseur

    Language: French

    Émile explique comment il débuta ses activités dans la résistance communiste en 1940, à Paris. Il raconte notamment comment il effectuait ses distributions de tracts à bicyclette.

    Émile Levasseur est né le 10 mars 1916 à Paris dans une famille juive originaire de Pologne. Son père, Abraham Helwaser, est maroquinier. Sa mère, Riwka (née Goldwaser) s’occupe d’Émile et de ses cinq frères et sœurs, son frère aîné, Georges, et ses quatre cadets, Eva, Madeleine, Marcel et Paul. Avant la guerre, Émile vend des journaux et exerce la profession de photographe sportif. En octobre 1936, il rejoint le 4e régiment de dragons stationné à Verdun. Au printemps 1940, il accomplit la campagne de Norvège. A la suite de l’invasion allemande, il se bat dans les Ardennes. Après la défaite française, il retourne à Paris et entreprend de vendre des légumes au marché des Halles. Sous l’Occupation, il entre dans la résistance communiste par le biais d’Albert Rigal, conseiller municipal du IVe arrondissement parisien. Ses activités consistent alors principalement à diffuser des tracts dans les boîtes aux lettres.

    En septembre 1942, Émile est arrêté en même temps que ses parents et sa sœur Madeleine. Ils sont transférés à la prison du Cherche-Midi. Après une nuit à Drancy, ils sont déportés le 28 septembre 1942 pour Auschwitz. Sélectionnés pour le camp de travail de Niederkirchen, Émile perd la trace de sa famille. Il survit de son côté à de multiples transferts dans différents camps de concentration tels que Mittelbau-Dora, Blechhammer et finalement Buchenwald où il est libéré par l’armée américaine en avril 1945. Ses parents et sa sœur n’ont pas survécu à la déportation.

    Après la libération, Émile retrouve ses deux jeunes frères, Marcel and Paul, à Paris. De son union avec Violette Hérin naît son fils Philippe, en 1953. Divorcé, Émile se remarie en 1995 avec Evelyne Zemmour. Au moment de l’interview, il est le grand-père de trois petites filles.

    L’interview a été réalisée le 5 mars 1996 à Paris. L’interviewer était Denise Similovici et le caméraman Gilmer Pozo.

  • Louis Domb

    Language: French

    Dans cet extrait, Louis Domb décrit ses premières actions de résistance à Paris. Il découpe ainsi des croix de Lorraine dans des tickets de métro ou en dessine sur les murs. Il parle également de ses activités aux côtés de Germaine Ribière et d’Edmond Michelet avec lesquels il réalise et diffuse des journaux clandestins.

    Louis Domb est né le 15 septembre 1915 en Russie, à Wieruszów (actuelle Pologne), dans une famille juive. En 1924, la famille part pour la France. Avec son père David, sa mère Fajgo et sa sœur Ginette, Louis s’installe à Nancy.  Il entre à l’École Polytechnique de Paris en 1936.

    De 1938 à 1940, il effectue son service militaire. Démobilisé au moment de la défaite française de 1940, il retourne à Paris où il commence à travailler pour l’État en tant qu’ingénieur. Très vite, il se livre à de la propagande gaulliste. Il doit cependant abandonner son poste en raison de la législation antisémite de Vichy.  En décembre 1940, il rejoint sa famille à Limoges. Là, il trouve un travail grâce à un ancien camarade de classe et y demeure jusqu’à l’invasion de la zone Sud par les Allemands en novembre 1942. Dès lors, Louis participe activement à la résistance, notamment au sein du maquis d’Auvergne de l’Armée secrète. L’une de ses responsabilités sera l’approvisionnement matériel et alimentaire du maquis. Son groupe de résistance est intégré dans l’armée français après la libération de Lyon en 1944.

    Après la Libération, Louis est démobilisé et réintègre, à Lyon, son poste d’ingénieur. Par la suite, il retourne à Paris et s’y marie. Il a retrouvé en outre son père, sa mère et sa sœur qui ont survécu à l’Occupation en se cachant. Louis Domb est décédé en 2000.

    L’interview a été menée à Paris le 16 janvier 1996. L’interviewer était Laurent Aknin, le caméraman Daniel Cattan.

  • Frida Wattenberg

    Language: French

    Dans cet extrait, Frida décrit ses activités de résistance dans son lycée en 1940. Elle explique comment elle dissimulait des tracts dans les poches des manteaux des élèves accrochés dans les couloirs.  Le 11 novembre 1940, à l’occasion de la manifestation des étudiants à Paris, elle mit en place des banderoles gaullistes qui entraînèrent l’intervention de la police. L’administration de son école protégea toutefois les élèves juifs en les renvoyant chez eux avant que les forces de l’ordre n’arrivent.

    Frida Wattenberg est née à Paris le 7 avril 1924. Son père, Hersch Smiétanski, est originaire de Blaski et sa mère, Alta Wattenberg, de Tomasow Mazowiec, deux villes de la région de Lodz (Pologne). Frida reçoit le nom de sa mère car au moment de sa naissance, son père avait été expulsé de France. Ses parents se séparent quand elle n'a que cinq ans. Elle vit auprès de sa mère avec son frère Maurice.

    Lors de la déclaration de guerre, en 1939, Frida est envoyée dans un pensionnat à Poitiers. En 1940, elle retourne à Paris et entre en résistance en diffusant des tracts gaullistes au lycée Victor Hugo où elle effectue sa scolarité.  Elle travaille par la suite à l'Œuvre de Secours aux Enfants (OSE) qui vient en aide aux enfants démunis. La mère de Frida est arrêtée lors de la rafle du Vélodrome d'Hiver, le 16 juillet 1942, et emmenée à Drancy.  Frida parvient à obtenir sa libération en prouvant que sa mère travaillait dans un atelier fournissant des vêtements à l'armée allemande.  Grâce à l'intervention de son filleul de guerre, Roger Gemmeron, Alta rejoint Lhommaizé (Vienne), en zone non occupée, où elle va séjourner près de deux ans. En juillet 1943, Frida quitte Paris pour Grenoble et rejoint la résistance juive. Elle évolue entre Grenoble, Toulouse et Nice où elle se livre à des activités de résistance.  Son frère Maurice, qui l'a accompagné à Grenoble, monte au maquis Bleu Blanc de l'Armée juive.

    En 1944, après la Libération, Frida retourne à Paris où elle retrouve sa mère et son frère. Étudiante en psychologie, elle travaille à l'Œuvre de protection des enfants juifs (OPEJ), une organisation qui prend en charge les enfants dont les parents ont disparu en déportation.  En 1947, elle rejoint la Palestine, à la veille de la création de l'Etat d'Israël.  Elle y devient infirmière, puis enseignante spécialisée. Elle y rencontre en outre Marcel Rudman, qu'elle épouse, et avec lequel elle a deux enfants, Amnon and Anita.  En 1953, la famille part s'installer à Paris. Frida devient plus tard la secrétaire générale d'une association de rescapés, "Mémoire Juive de Paris". Au moment de l'interview, elle est la grand-mère de deux petits enfants.

    L’interview a été menée à Paris le 28 juillet 1995. L’interviewer était Peggy Frankston, le caméraman Gilmer Pozo.

L’édition 2012-2013 du Concours national de la Résistance et de la Déportation propose aux élèves des collèges et lycées de réfléchir sur le thème « Communiquer pour résister, 1940-1945 ». Afin de nourrir la réflexion des candidats par les récits de quelques acteurs de cette histoire, nous  leur proposons de visionner une série de témoignages. Cette sélection ne prétend pas couvrir l’ensemble des problématiques ouvertes par un thème aussi riche mais elle leur permettra de découvrir quelques exemples d’actions concrètes qu’ils pourront, le cas échéant, utiliser dans le cadre de la réalisation de leurs travaux.

Pour en savoir plus sur l'édition 2013 du CNRD (BOEN n°24 du 14 juin 2012), rendez-vous sur la page du ministère de l'Education nationale : http://eduscol.education.fr/cid45607/concours-national-de-la-resistance-et-de-la-deportation.html.