Les archives du USC Shoah Foundation constituent l’une des plus grandes collections audiovisuelles historiques au monde : elle compte presque [sfi:vha_testimonies_count_euro] témoignages filmés dans 70 pays et dans 44 langues. Au-delà de se mission de conservation, l’Institut développe des programmes éducatifs qui intègrent ses archives audiovisuelles. La collection contient 1 887 interviews en français. Les récits sont centrés sur la Shoah. Les survivants rapportent leur expérience de la persécution et de la déportation, leur survie dans les camps ; ils racontent la clandestinité et la résistance, les réseaux de sauvetage… Incluant l’avant et l’après-guerre, les entretiens permettent de resituer les parcours personnels dans un temps long.

Un aperçu synthétique de la place de la France dans les archives visuelles

7 123 témoignages font référence à la France. Il s’agit d’interviews réalisées dans différentes langues (1 887 sont en français) et dans divers pays (1 671 en France).

L’avant-guerre

Les témoignages apportent des informations précises sur la vie des Juifs en France avant la guerre. Elles évoquent les activités cultuelles, culturelles et professionnelles, racontent la vie familiale et communautaire, les engagements militants. Elles sont une fenêtre sur la vie politique nationale et internationale, notamment marquée par l’afflux des réfugiés sur le territoire français après l’arrivée au pouvoir d’Hitler, en janvier 1933.

La persécution

Les interviewés racontent la guerre, l’armistice de juin 1940 et le départ de nombreux Juifs en zone non occupée, partis trouver refuge dans le centre et le Sud du pays. Les interviews donnent de multiples précisions sur les camps d’internement établis dans les départements métropolitains et algériens (Rivesaltes, Gurs, les Milles, Beaune-la-Rolande, Pithiviers, Djelfa…). La référence à Drancy, principal lieu de départ vers les camps de concentration et d’extermination nazis, apparaît par exemple dans 436 récits (dont 303 en français). La collection apporte un éclairage majeur sur la déportation : la souffrance et la mort dans les camps, le travail dans les kommandos, les stratégies de survie… La variété des parcours (Auschwitz, Buchenwald, Dachau, Ravensbrück, Theresienstadt…) donne un vaste aperçu du monde concentrationnaire.

Clandestinité, aide et sauvetage

Nombre de témoins font le récit de leur expérience dans la clandestinité. Certains racontent la solidarité qui s’exerça à leur égard, le soutien qu’ils reçurent de la population. D’autres décrivent leurs activités au sein d’organisations comme l’OSE (Œuvre de secours aux enfants), qui permirent de placer des enfants dans des couvents, des monastères, des orphelinats et aidèrent aussi à l’évacuation de personnes vers la Suisse. De nombreux témoins discutent du rôle de l’UGIF (l’Union général des israélites de France est mentionnée dans 89 interviews dont 72 en français), créée par le gouvernement de Vichy en 1941, à la demande des autorités allemandes, pour administrer les affaires juives. L’action des Justes parmi les nations est également évoquée.

Des hommes et des organisations

Les témoignages offrent aussi une information abondante sur les maquis (790 y font allusion, dont 405 en français). De nombreux survivants participèrent en effet aux réseaux et mouvements de la Résistance, des Francs-tireurs et partisans (FTP) aux maquisards, du Mouvement national contre le racisme (MNCR) à l’Organisation juive de combat (OJC). Ils nous renseignent également sur de grandes figures comme Léon Blum, président du Conseil du gouvernement de Front populaire, du journaliste Varian Fry, délégué à Marseille de l’Emergency Rescue Committee (ERC), qui permit à des milliers de Juifs et de militants antinazis de quitter l’Europe, de Robert Gamzon, fondateur des Eclaireurs israélites de France et du réseau de résistance la Sixième… Ils évoquent aussi, parmi d’autres, l’action du Maréchal Pétain, celles de Klaus Barbie ou encore de Maurice Papon.

Après-guerre et mémoire de la Shoah

Les témoignages englobent enfin la période de l’après-guerre. Les survivants parlent du retour à la légalité républicaine, de la reconstruction des individus après l’expérience concentrationnaire, des destins personnels, d’Israël… Ils traitent enfin de la mémoire de la Shoah, de leur rapport personnel à l’événement et à sa transmission. Les entretiens s’achèvent par un message adressé aux jeunes générations et par la présentation de documents personnels (essentiellement des photographies familiales).

Les missions de l’USC Shoah Foundation Institute

1994-1999 : collecter des témoignages

Entre 1994 et 1999, la « Survivors of the Shoah Visual History Foundation » – devenue « USC Shoah Foundation » en 2006 – a entrepris de recueillir des témoignages de survivants de la Shoah, en majorité juifs, mais aussi homosexuels, témoins de Jéhovah ou encore tsiganes. La Fondation a également filmé les récits de survivants de la politique eugéniste de l’Allemagne nazie, d’hommes et de femmes ayant aidé au sauvetage des persécutés, de libérateurs des camps, de témoins de ces libérations, et aussi de participants aux procès des criminels de guerre. L’USC Shoah Foundation constitue aujourd’hui l’une des plus grandes vidéothèques numériques du monde : elle conserve plus de [sfi:vha_testimonies_count_euro] témoignages filmés dans 44 langues et dans 70 pays différents. La durée moyenne d’une interview est d’environ deux heures.

2000-2010 : rendre accessible les témoignages

L’Institut a été intégré en janvier 2006 à la Faculté de Lettres, des Arts et des Sciences de l’Université de la Californie du Sud (USC). Sa mission est de lutter contre les préjugés, l’intolérance et les intégrismes – et les souffrances qu’ils engendrent –, par l’utilisation pédagogique des témoignages d’histoire visuelle de l’Institut. L’Institut travaille avec l’Université et de multiples partenaires à travers le monde pour faire progresser le savoir et la recherche par le biais des nouvelles technologies. Il fournit des ressources et des outils en ligne aux enseignants et favorise la diffusion de ses archives visuelles à des fins éducatives. En plus de la préservation de celles-ci, l’Institut collabore avec de nombreuses organisations et institutions afin de documenter les récits des survivants de la Shoah et des autres génocides.

La collection intégrale des témoignages est aujourd’hui accessible dans [sfi:vha_sites_count] institutions à travers le monde. Des collections partielles sont consultables dans [sfi:vha_collections_count] lieux répartis dans [sfi:vha_collections_country_count] pays. Pour trouver un site de consultation proche, veuillez cliquer ici.

United States

53.092603, 101.425781